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Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture accueille Yann Kersalé aux Capucins de Landerneau à partir du 15 décembre 2012. L’artiste revisite pour l’occasion ses explorations lumineuses menées en terre bretonne et invite à traverser ses paysages inédits.


Extraits du texte de Jean-Louis Pradel, 7 merveilles + une, en sept alinéas, septembre 2012


L’installation de Yann Kersalé plonge la vaste halle des Capucins de Landerneau dans la lumière crépusculaire d’une nuit d’été où chacun est invité à trouver son chemin à travers le labyrinthe que dessinent, tel un jeu de cubes cyclopéens, sept « black boxes » de dimensions diverses. Plus ou moins hautes ou larges, ce sont les maisons d’une ville fantomatique qu’habitent des univers spécifiques de lumières, de sensations et d’émotions, où l’énigme se conjugue aux données précises, prélevées sur le terrain, fût-il sous-marin, de ce Finistère cher à l’artiste que les Celtes appelaient plus justement Penn-ar-Bed, début du monde.


Ici sont réunies les sept merveilles du monde de Yann Kersalé qui se réfèrent, tout naturellement, à sept des merveilles des alentours de Landerneau dont l’artiste voyageur n’a jamais cessé de se réclamer avec fierté. Le lointain bascule dans l’ici et maintenant d’une proximité ensorcelante, fût-il cueilli en des temps antédiluviens ou résolument actuels. La réalité, fût-elle minérale, végétale, aquatique ou technologique entre dans le principe d’incertitude de la nuit qu’elle traverse avec la légèreté qui convient aux récits légendaires parée d’habits de lumière.


Les sept maisons de cette ville rêvée proposent autant d’installations /captations in situ poétiquement intitulées Profondeur de lames, pour accueillir les prairies sous-marines d’Océanopolis, Verticale allongée pour le phare de l’île Vierge de Plouguerneau, Dorsale des vents pour le sillon noir de Pleubian,

Chaos du feu pour le chaos du Diable de Huelgoat, Enrochements d’ombres pour les alignements de Carnac, Éboulis d’images du monde pour le radôme de la cité des Télécoms de Pleumeur-Bodou, Structure chrysalide pour trois ruines de la ZAC de la Courrouze de Rennes. Présentées en avant-première l’hiver dernier par l’Espace Fondation EDF de Paris, elles trouvent ici une nouvelle ampleur, des enrichissements, une grâce que leur confère le plaisir de se retrouver chez elles, au coeur d’une ville qui a préservé le dernier pont habité d’Europe sous lequel se fait sentir, en pleine terre, le mouvement de la marée autant que la nostalgie d’une époque révolue où le passage, loin d’être un non-lieu, était celui de la vie même, dans toute sa complexité sociale, humaine et politique.


Enfin, une huitième maison, ouverte jour et nuit sur la rue par une large vitrine, accueille la restitution de cinq installations supplémentaires, inédites, en perpétuels renouvellements, immergées dans la rade de Brest qui témoignent plus que jamais que « la nuit remue » selon les mots de Henri Michaux, cet autre poète funambule qui avait lui aussi choisi d’explorer la voie étroite et périlleuse qui, en un fragile équilibre, fraye son chemin entre le réel et le rêvé.
























































































 







  Yann Kersalé, A des nuits lumières : la ville, la nuit, la mer

  Aux Capucins, Landerneau

  15.12.2012 - 19.05.2013

Exposition du 15 décembre 2012 au 19 mai 2013. Aux Capucins, Fonds Hélène & Edouard Leclerc, rue Fontaine Blanche et rue des Capucins – 29800 Landerneau. Tél. : +33 (0)2 29 62 47 78. Ouverture de 10h à 18h. Fermé le lundi sauf vacances scolaires.



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Yann Kersalé, A des nuits lumières : la ville, la nuit, la mer

Yann Kersalé, Le sillon dans le noir, 2011, Pleubian, Côtes d’Armor © AIK - Yann Kersalé

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