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Shai Kremer, Fallen Empires (Empires déchus)

Communiqué de presse

La galerie Les Filles du Calvaire présente la première exposition personnelle de Shai Kremer en France. A travers les deux séries de photographies présentées, Paysages infectés (Infected Landscapes) et Empires déchus (Fallen Empires), l'artiste dresse un portrait métaphorique de la transformation du paysage israélien à travers des années, des décennies, voire des siècles de passages successifs de civilisations.


Shai Kremer, Fallen Epires (Empires déchus

Note d'intention de l'artiste
(traduction de son texte) voir son site:
www.shaikremer.com/il.html


Une tranchée arabe datant de la guerre de 1948 cachée sous un arc romain, un hangar d'avion sous mandat britannique au milieu d'un site actif d'atterrissage israélien, une grotte cananéenne face à un fort des Croisés dans une zone militaire fermée appartenant à l'armée israélienne : trois exemples où diverses époques peuvent se juxtaposer dans une même image, ouvrant une fenêtre dans le temps d'un paysage si familier que nous ne l'interrogeons plus jamais. 

Dans mon dernier livre, Paysages infectés, j'ai travaillé sur le conflit actuel ou relativement récent d'Israël. Dans ce nouveau projet, j'ai décidé d'approfondir mon questionnement en remontant le temps et d'explorer mon pays natal depuis une perspective historique.

J'ai réalisé que le territoire israélien était chargé de sédiments des empires du passé et que de nombreux sites militaires israéliens actuels ont été érigés sur les ruines d'anciens terrains militaires - 60% d'entre eux utilisent les structures du précédent mandat britannique.

Le recyclage de ces espaces, d'un conquérant à l'autre, montre comment la plupart des puissants de l'histoire ont tenté de conquérir et de dominer cette terre, avec un résultat similaire : l'échec. Mes images de ces vestiges deviennent matière à débats sur la justice et l'usage du pouvoir.

Visuellement parlant, les imposants sédiments laissés par les sociétés disparues nous captivent depuis l'enfance avec leur séduction romantique, leur symbolique et leur énigmatique beauté. Ces ruines traduisent l'expression latine "sic transit gloria mundi." Elles parlent de transcience, d'érosion, de la mort ; mais, dans notre imaginaire, elles évoquent aussi la vie - la survie, les murs érigés pour se protéger -, la tragédie humaine. Le vocabulaire visuel romantique que j'utilise dans certaines de mes photographies est à relier avec le dramatique, l'épique, la gravité du sujet.

Plus j'ai creusé visuellement à travers ces strates de puissances désagrégeant le pays israélien, plus un afflux de questions est remonté dans mon esprit sur la globalité et la logique de l'impérialisme. Depuis la nuit des temps, les forces politiques et militaires ont modelé nos paysages. Aujourd'hui, la photographie et les médias façonnent la perception que nous en avons.

En utilisant des modes d'expression relativement nouveaux pour l'exploration du passé, j'interroge en définitive la légitimité de l'impérialisme.









 







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Exposition du 18 mars au 30 avril 2010. Galerie Les Filles du Calvaire, 17 rue des Filles du Calvaire - 75003 Paris. Tél.: +33 (0)1 42 74 47 05. Ouverture tous les jours de 11h à 18h30 sauf dimanche et lundi.

Archives expositions personnelles France

  Shai Kremer, Fallen Empires (Empires déchus)
  Galerie des Filles du Calvaire, Paris
  18.03 - 30.04.2010

Archives expositions personnelles (K-L)