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Guillaume Krick, Toronto-Vaughan (Norfinch), de la série Erosions, paysages de banlieue d’Amérique du Nord, 2008-2012

Guillaume Krick, Toronto-Vaughan (Norfinch), de la série Erosions, paysages de banlieue d’Amérique du Nord, 2008-2012

À travers des oeuvres photographiques, sonores et sculpturales, l’exposition Terrasser l’horizon pose un regard sur l’aménagement du territoire et questionne l’idée de croissance infinie dans un monde fini aux ressources limitées. Méditation sur la machine constructrice-destructrice et l’urbanisme des banlieues et des villes, Terrasser l’horizon détourne la technologie de sa dimension fonctionnelle et exploite son potentiel fantasmatique. Une excavatrice se fait animal préhistorique. Un godet de pelle mécanique devient fossile. Des villes miniatures tournent en boucle dans un dispositif assimilable à une machine infernale. Des sols à motifs virtuels remplacent la nature ordonnée des zones périurbaines.


Guillaume Krick et Benjamin Thomas construisent des oeuvres de précision où la sophistication et le savoir-faire côtoient la dimension primitive des outils du travail de la terre et notre relation contradictoire à ces outils. L’exposition s’articule autour de trois pôles principaux. Excaver l’air est une sculpture monumentale et motorisée en acier qui s’expose comme une machine réelle, superbe ouvrage d’ingénierie au service cependant d’une fonction méditative. Le mouvement rotatif et le ronronnement de cet étrange animal détaché de l’entreprise de creusement pour lequel il a été pourtant conçu, produit une étrange tension : la sensation d’un danger potentiel (celui d’être blessé par la machine) accentue l’effet de présence de l’objet et notre relation physique à celui-ci alors que sa dynamique particulière, répétitive, provoque une évasion, un engourdissement, un détachement du réel. Le visiteur passera de cette machine spectaculaire à une installation immersive, Ville autonome roulante, salle des machines et noire machination qui met en représentation l’ininterruption du flux urbain et la continuelle
construction-destruction de la ville dans la métaphore d’une circularité ensorcelante.  Des formes cristallines, images miniaturisées d’immeubles futuristes, circulent sur des courroies de transmission qui les font disparaître et réapparaître au son d’une musique angoissante composée à partir d’une fréquence enregistrée lors de la destruction d’un bâtiment à Nantes. Excaver l’air et Ville autonome roulante ont une puissance visuelle et sonore suggestives qui ne relèvent pas d’une relation imagée à la réalité (autrement dit de l’imitation et de la reproduction) mais d’une relation perceptuelle et imaginaire (voire fantasmatique) au réel.



Benjamin Thomas, Ville autonome roulante (détail), installation, 2014

  Guillaume Krick/Benjamin Thomas, Terrasser l’horizon
  Centre culturel canadien, Paris

  03.06 - 08.09.2015

Communiqué de presse


Jeunes artistes multidisciplinaires alternant une pratique en solo, en duo ou en groupe, Guillaume Krick et Benjamin Thomas abordent les réalités du monde contemporain dans une perspective à la fois poétique, politique et esthétique. Ils sont membres d'un collectif d'artistes dynamiques et engagés, Extra Muros, fondé en 2006 et intégré au collectif d'association Pol'n à Nantes. Le collectif poursuit une réflexion commune sur les relations multiples entre les normes, les codes sociaux, le réel et la représentation qui s’exprime à travers des créations artistiques utilisant le théâtre, l’audiovisuel, la musique, les arts plastiques, la scénographie, l’architecture et l’écriture.

 


























































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Exposition du 3 juin au 8 septembre 2015. Centre culturel canadien, 5 rue de Constantine - 75003 Paris. Tél. +33 (0)1 44 43 21 90. Entrée libre du lundi au vendredi de 10h à 18h.






Guillaume Krick/Benjamin Thomas, Terrasser l’horizon

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2015. Tous droits réservés

Benjamin Thomas, Ville autonome roulante (détail), installation, 2014

Conçus en duo, Érosions, paysages de banlieue d’Amérique du Nord font au contraire appel à des images tirées du monde réel mais qui sont néanmoins dénaturées. L’ensemble est composé de douze caissons lumineux en béton présentés en deux blocs qui deviennent aussi des colonnes de sons émettant une composition polyphonique réalisée à partir de sons enregistrés sur les sites évoquant l’activité humaine absente des images. Douze points de vue sur des banlieues du Canada, des États-Unis et du Mexique ont été retravaillés en jouant à l’extrême le pouvoir de manipulation de l’image contemporaine. La prise en compte ou la négation de l’histoire des lieux, l’aménagement plus ou moins cohérent du territoire, les divers effets de sens provoqués par la juxtaposition d’éléments d’époques, de fonctions, de styles hétéroclites s’inscrivent ici dans des contextes artificiels d’où toute possibilité de relation normale ou naturelle au monde et d’interaction humaine semble avoir été évacuée. Jouant la carte de l’extrême, Érosions, paysages de banlieue d’Amérique du Nord donne une vision singulière de la disharmonie tolérée, voire cultivée dans les zones périurbaines. Dépassant le constat ou la critique, l’oeuvre fait ressentir physiquement les effets négatifs de cette disharmonie.

Commissaires d'exposition : Catherine Bédard et Hélène Jagot.